Le système alimentaire mondial repose sur un équilibre fragile, dans lequel les océans jouent un rôle central en tant que source majeure de protéines animales, régulateur essentiel des stocks halieutiques, et vecteur d’impacts environnementaux croissants. Ils nourrissent des milliards de personnes, tout en faisant face à des pressions sans précédent liées à la surpêche, au changement climatique et aux inégalités d’accès.
1. Le rôle central des océans dans la production de protéines animales
Les océans comme première source mondiale de protéines animales
Les ressources halieutiques fournissent environ 17 % des protéines animales consommées à l’échelle mondiale, selon les données de la FAO (2023). Dans des pays comme le Sénégal, la Norvège ou le Japon, le poisson est un pilier alimentaire indispensable, riche en oméga-3, en vitamines et en minéraux essentiels au développement cognitif et physique.
En France, la consommation de poissons s’élève à plus de 25 kg par habitant par an, contribuant significativement à l’apport protéique quotidien. Des espèces comme la sardine, la maquereau ou le cabillaud figurent parmi les aliments de base, intégrés dans la cuisine régionale et les traditions culinaires.
Impact des ressources marines sur la sécurité alimentaire globale
Au-delà de la simple production, les océans régulent la disponibilité alimentaire par la fixation du carbone, la fertilité des eaux et la biodiversité marine. La dégradation des écosystèmes marins – coraux, mangroves, herbiers – fragilise ces chaînes alimentaires, menaçant la résilience des systèmes halieutiques sur le long terme.
En Méditerranée, par exemple, la surpêche combinée au réchauffement des eaux a provoqué un déclin de 40 % des stocks de thon rouge depuis les années 1980, illustrant l’urgence d’une gestion durable.
2. Des captures halieutiques sous pression : dynamique et enjeux
Équilibre délicat entre exploitation et préservation
La pêche mondiale concerne aujourd’hui plus de 3 milliards de personnes, selon la FAO, mais seulement 63 % des stocks sont durables. La surpêche reste un fléau, notamment dans les zones à forte densité démographique, où la pression est accentuée par les techniques non sélectives et le manque de régulation.
- La pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) représente jusqu’à 20 % des captures mondiales, sapant les efforts de conservation.
- Les grandes flottes industrielles, souvent subventionnées, impactent les petits pêcheurs artisanaux, principaux acteurs locaux de la sécurité alimentaire.
Face à ces défis, des initiatives régionales émergent, comme le Programme régional pour la gestion durable des pêches en Afrique de l’Ouest (PRGP), visant à renforcer les contrôles et la gouvernance locale.
3. Pêche durable : garantir l’avenir alimentaire par l’innovation et la gouvernance
Engagements internationaux et politiques publiques
La pêche durable repose sur un cadre multilatéral renforcé : le Code de conduite pour la pêche responsable de la FAO, les accords régionaux de gestion, et les Objectifs de développement durable (ODD 14), notamment. En France, la Stratégie Nationale pour la Mer et l’Océan (SNMO) intègre des mesures pour réduire les captures accessoires et protéger les habitats marins.
La certification MSC (Marine Stewardship Council) s’impose comme un levier clé, certifiant plus de 20 % des stocks mondiaux gérés durablement, notamment les filets de sardines en Bretagne ou les crevettes en Guyane.
Technologies au service d’une pêche plus sélective
Les progrès technologiques, comme les engins à mailles adaptées ou les systèmes de suivi par satellite (VMS), permettent de réduire significativement les prélèvements non durables. En Aquitaine, des projets pilotes testent des filets intelligents capables de relâcher les espèces non ciblées, protégeant ainsi la biodiversité marine.
L’intelligence artificielle est également utilisée pour analyser en temps réel les données de pêche, optimiser les quotas et prévenir les activités illégales, renforçant ainsi la transparence du système.
4. Interdépendance terres-océans : une chaîne alimentaire intégrée
Synergies entre agriculture et aquaculture
L’aquaculture, en expansion rapide (plus de 50 % de la production halieutique provient aujourd’hui de l’élevage), offre un complément indispensable aux captures sauvages. En France, l’élevage de moules et huîtres dans les estuaires normands ou bretons contribue à la restauration des zones humides tout en fournissant des aliments riches en protéines et faible en impact écologique.
Cette agriculture marine durable renforce la résilience face aux aléas climatiques, tout en créant des emplois locaux, notamment dans les zones côtières fragilisées.
Gestion intégrée des bassins versants et zones côtières
La pollution terrestre – nutriments, plastiques, produits chimiques – affecte gravement la qualité des eaux côtières et la santé des populations halieutiques. Une gestion intégrée, associant agriculture durable, assainissement et protection des mangroves, est essentielle pour préserver ces écosystèmes vitaux.
En Martinique ou à Maurice, des projets pilotes associant pêcheurs, agriculteurs et collectivités montrent des résultats encourageants, renforçant la sécurité alimentaire locale.
5. Vers une alimentation mondiale cohérente et durable
Synthèse : les océans, cœur battant de la sécurité alimentaire
« Les océans ne sont pas seulement un réservoir de protéines, mais un pilier écologique, économique et social indispensable à la survie alimentaire future.»
Face à la croissance démographique, au changement climatique et aux inégalités d’accès, il est impératif de repenser nos systèmes alimentaires en intégrant pleinement la durabilité océanique. Cela passe par une coopération internationale renforcée, une innovation technologique responsable, et une valorisation des savoir-faire locaux.
La gouvernance mondiale doit être inclusive, centrée sur la préservation des écosystèmes marins, afin de garantir à tous un accès équitable et durable aux ressources halieutiques.
| Catégorie | Contenu clé |
|---|---|
| Rôle des océans | 17 % des protéines animales mondiales, 3 milliards de personnes nourries |
| Pressions halieutiques | 40 % des stocks surexploités, pêche illégale à 20 % des captures |
| Solutions durables | Pêche durable, aquaculture intégrée, technologies sélectives |
| Interdépendance terres-océans | Aquaculture restauratrice, gestion des bassins versants |
| Gouvernance mondiale | ODD 14, certifications (MSC), coopération régionale |
- 1,2 milliard personnes dépendent directement des ressources marines pour leur alimentation et leurs revenus
- Les petits pêcheurs artisanaux produisent 90 % des captures dans les pays en développement
- La dégradation des écosystèmes marins coûte des milliards d’euros annuellement en pertes de biodiversité et d’opportunités économiques